J’avais envie d’un livre. Plus précisément d’un bon livre, qui me permette de me détendre pendant mes pauses. Je n’avais aucune idée duquel choisir ni aucune envie de relire un vieux bouquin, alors que faire? Je me suis dirigé vers l’endroit « Top des ventes » de la FNAC.
En n°1 se trouvait « Seul dans le noir », juste devant « Sexe, diamants et plus si affinités… » de Lauren Weisberger .
Ca y est, j’avais trouvé mon futur bouquin! Mais parlons d’abord de son auteur Paul Auster.
BIOGRAPHIE :
Cet écrivain américain est né le 3 février 1947 à Newark, New Jersey. Ses parents sont aussi nés aux Etats-Unis, mais sont originaire de l’Europe centrale. A 18 ans, il étudie la littérature française, italienne et anglaise. Il commence à traduire des auteurs français (Jacques Dupin, André Du Bouchet) et découvre Paris. Avant de se tourner vers le roman, il écrit quelques poésies, des scénarios. Il veut faire du cinéma mais rate le concours de l’IDHEC. Il passe une dizaine d’années de galère à vivre de ses traductions (Mallarmé, Sartre, Simenon) et écrit même des pièces de théâtre.
En 1979, il tente en vain de faire publier un roman sous le pseudonyme de Paul Benjamin (Fausse Balle). Cet échec sera néanmoins de courte durée car l’héritage à la mort de son père lui permet de continuer à écrire. Il commence à être reconnu comme un écrivain majeur dans les années 80 et sort plus tard des romans majeurs comme Moon Palace (1990) et Léviathan (1993).
Marié pui séparé de l’écrivain Lydia Davis, il se remarie en 1981 avec une autre romancière, Siri Hustvedt. Il a deux enfants: le photographe Daniel Auster, et la chanteuse Sophie Auster.
BIBLIOGRAPHIE :
Trilogie New-Yorkaise :
- vol.1 : Cité de verre (1987)
- vol.2 : Revenants (1988)
- vol.3 : La chambre dérobée (1988)
L’invention de la solitude (1988)
Le voyage d’Anna Blume (1989)
Moon Palace (1990)
La musique du hasard (1991)
Le conte de Noël d’Auggie Wren (1991)
L’art de la faim (1992)
Le carnet rouge (1993)
Léviathan (1993)
Disparitions (1994)
Mr Vertigo (1994)
Smoke / Brooklyn Boogie (1995)
Le diable par la queue (1996)
La solitude du labyrinthe (1997)
Lulu on the bridge (1998)
Tombouctou (1999)
Le livre des illusions (2002)
Constat d’accident (2003)
Histoire de ma machine à écrire (2003)
La nuit de l’oracle (2004)
Brooklyn Follies (2005)
Dans le scriptorium (2007)
La vie intérieure de Martin Frost (2007)
Seul dans le noir (2009)
« SEUL DANS LE NOIR » :
Ce roman, écrit en 2007, a pour titre original: « Man in the dark« , sorti en 2008 en version originale. Il a été traduit de l’américain au français par Christine Le Boeuf, et sort en 2009 aux éditions Actes Sud. Même si Paul Auster a traduit de nombreuses oeuvres du français à l’américain, il se dit incapable de traduire lui-même ses romans en français.
Ce roman est le petit dernier de sa longue bibliographie.
Le livre nous raconte l’histoire d’un vieil homme immobilisé dans sa chambre suite à un accident de voiture. La plupart du temps seul dans le noir, il s’invente des histoires, pour s’empêcher de penser à sa triste réalité et aux deux coeurs brisés de sa fille et de sa petite fille. Un monde parallèle, pas forcément plus rose que le monde actuel, mais différent. Il échappe ainsi aux inquiétudes du présent et au poids des souvenirs, qu’il finira néanmoins par ressasser. Dans l’histoire qu’il s’invente, plus de guerre en Irak, les tours jumelles sont encore debouts, mais une guerre civile rend la vie des habitants difficile. La connexion entre le réel et l’imaginaire est mince, et on se rend compte que derrière tout cela, il y a un vrai message de la part de l’auteur. Malgré les apparences, le véritable sujet est politique.
EXTRAIT CHOISI (page 178-179) :
« Dieu merci, il n’y a pas de son.
Dieu merci, on lui a mis une cagoule sur la tête.
Il est assis sur une chaise, les mains nouées derrière le dos, et il ne fait aucune tentative de se libérer. Les quatre hommes de la vidéo précédente sont debout autour de lui, trois d’entre eux armés de carabines et le troisième d’une hachette. Sans le moindre signal, sans un geste des autres, le quatrième abat soudain sa lame sur le cou de Titus. Titus s’effondre brusquement vers sa droite, le haut de son corps tressaille, et du sang apparaît à travers la cagoule. Un autre coup de la hachette, par-derrière, cette fois. La tête de Titus s’affaisse en avant et le sang lui ruisselle maintenant sur tout le corps. Encore des coups: devant et derrière, à droite et à gauche, la lame émoussée continue à frapper bien après l’instant de la mort.
L’un des hommes pose sa carabine et, des deux mains, saisit fermement la tête de Titus afin de la soutenir pendant que l’homme à la hache continue son sale boulot. Tous deux sont couverts de sang.
Quand la tête est enfin séparée du corps, le bourreau laisse tomber la hachette sur le sol. L’autre homme ôte la cagoule de la tête de Titus et un troisième empoigne alors les longs cheveux roux de Titus et élève la tête plus près de la caméra. Le sang dégouline partout. Titus n’est plus tout à fait humain. Il est devenu une idée de personne, une personne et pas une personne, une chose morte et qui saigne: une nature morte.
L’homme qui tient la tête s’éloigne de la caméra et le quatrième s’approche, armé d’un couteau. L’un après l’autre, avec des gestes rapides et précis, il arrache les yeux du jeune homme.
La caméra tourne encore pendant quelques secondes, et puis l’écran devient noir.
Impossible de savoir combien de temps cela a duré. Quinze minutes. Un millier d’années. »
J’ai choisi cet extrait car il m’a marqué, mais qui pourrait mieux parler de ce roman que l’auteur lui-même?
Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à visionner son interview pour son dernier roman: ici




Ca a l’air intéréssant comme livre et j’aime bien le passage que tu as choisi. Pour ma part, je suis en train de lire « Je suis une légende » de Matheson et j’aime beaucoup pour le moment. J’essaie de faire abstraction des films que j’ai vu adapté de ce livre mais c’est pas toujours simple en tout cas, je comprend que les fans du roman n’aime pas trop l’adaptation avec Will Smith
Bisous,
Vlad