Réalisé par : Xavier Beauvois
Acteurs : Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin
Histoire : Ce film est une libre interprétation de la vie des Moines Cisterciens de Tibhirine en Algérie, de 1993 jusqu’à leur enlèvement en 1996. Huit moines français chrétiens vivent en harmonie au sein d’un village musulman. Malgré les menaces qui croît sur leur petit monastère, ils refusent de partir et d’abandonner les habitants du village…
Mon avis : Durant tout le film, le réalisateur a réussi à nous faire vivre la paisibilité du quotidien des moines. Le temps paraît long parfois mais c’est pour mieux nous émerger dans cette vie pleine de dévotion et de prières. Les acteurs sont particulièrement crédibles, et même si Lambert Wilson est un peu jeune par rapport au reste du casting de moines, il s’impose facilement dans son rôle de « chef ». En fin de compte, le film manque cruellement d’action, mais on ne peut pas tellement en faire le reproche car je pense que cela était voulu. J’avais peur également qu’il soit particulièrement émouvant et/ou violent, mais il n’en est rien. Le but premier est sans doute de faire comprendre les réflexions qui ont amené ces moines à rester coûte que coûte, malgré les multiples demandes de l’armée pour qu’ils rentrent en France. Ils n’ont juste pas eu envie de fuir, prétextant qu’ils avaient déjà donné leur vie à Dieu, alors autant ne pas avoir peur de la mort…
Notes:
* Prix : Présenté en compétition au 63ème Festival de Cannes, le film a remporté à cette occasion le Grand Prix du Festival.
* Histoire vraie : Le film porte sur la vie des moines avant de mourir et s’arrête à leur enlèvement. En réalité, les circonstances exactes de leur mort est encore un mystère. Il y a cependant plusieurs hypothèses. La version officielle dit qu’ils ont été assassinés par le Groupe Islamique Armé. Mais cela ne tient pas forcément debout car on sait qu’ils soignaient ces derniers indifféremment des autres lorsqu’ils étaient blessés. Il se peut également que ce soit une manipulation des services secrets algériens, visant à faire porter le chapeau aux islamistes. Enfin, une polémique porte sur le fait qu’ils pourraient être victime de l’armée algérienne, qui les auraient abattus en croyant que c’était des terroristes. La bavure aurait été dissimulée en attribuant leur mort aux membres du GIA.
On a retrouvé leurs têtes décapitées quelques jours après l’annonce de leur mort, mais pas leur corps. C’est pourquoi la thèse officielle expliquant leur décès suscite quelques doutes…



Ce qui est étonnant c’est de voir avec quelle force les moines se sont laissés convaincre de rester alors qu’initialement un seul le désirait vraiment. Ce qui m’a également marqué, c’est la communauté de vie qu’ils entretenaient avec les musulmans alors qu’ils étaient chétiens. La métaphore de la branche et de l’oiseau est très forte et j’ai apprécié que le réalisateur ne prenne pas ouvertement parti pour telle ou telle thèse concernant leur décès.
On perçoit néanmoins quelques échanges de regards qu’il est alors possible d’interpréter